Point de vue d’artiste : L’art est-il inscrit dans nos gènes ?

Il y a 35 000 ans, nos ancêtres ont inventé ce que l’on nomme aujourd’hui l’art pariétal. Ils ont découvert ce que la nature mettait à leur disposition: plantes, boues, oxydes métalliques, charbon de bois, minéraux, et ont créé les premières peintures dans des grottes  La valeur des œuvres qu’ils nous ont laissées est inestimable et même s’ils demeureront pour toujours des inconnus, ils ne sont aucunement des incompris. Les auteurs de cette nouvelle forme d’expression nous ont peut-être transmis dans nos gènes, tous les sentiments qui dès cette époque habitaient cette expression libre qu’ils venaient d’inventer: l’admiration, la contemplation, l’envie, la volonté d’exposer, de donner à voir…
La  possession de telles œuvres a généré des convoitises, et suscité des émotions qui ne sont pas différentes aujourd’hui quand on parle d’art contemporain. Nous n’avons finalement pas changé depuis ces temps reculés et n’avons rien inventé de majeur en matière d’art, si ce ne sont les courants, les styles, les techniques, les classements ou toutes autres recherches intellectuelles, actuelles et passées pour améliorer et faire évoluer l’art graphique.

Comparons un de nos ancêtres  avec n’importe quel artiste contemporain – la réalité de l’artiste reste la même quelle que soit l’époque: il  est seul maître de ce qu’il désire exprimer – et indépendamment de l’évolution des moyens, il utilise toutes les possibilités que lui offre son environnement actuel, ce dont il a connaissance, ce qui lui permet d’exprimer au mieux sa vision.

Les sentiments, l’envie de partage, les émotions que l’artiste transcrit à sa manière, le construisent, le forment, et il participe ainsi à la transmission d’une esthétique humaine. “On peint ce que l’on voit”  reste l’expression qui se vérifie en tout temps, indépendamment des techniques ou des styles. Une fois l’œuvre accomplie les émotions de l’artiste se transmettent et se partagent. Aujourd’hui se rajoutent simplement d’autres dimensions liées aux moyens modernes: on expose, contemple, critique, admire, classe, encadre.

L’achat, la vente, la spéculation dans le domaine de l’art et tout ce qui ne relève plus du domaine de l’émotion sert néanmoins aussi à transmettre; l’art change de main et évolue –  l’artiste s’adapte à ces évolutions, ce qui est le propre de l’homme.

Ce sont pourtant toujours les mêmes schémas qui se répètent, nous ne changeons rien aux fondamentaux: l’artiste est unique, trop souvent inconnu de ses contemporains, mais il participe de manière individuelle, ou prend part avec d’autres artistes à la communication et à la transmission. Tout comme en ces temps reculés, il crée, pour susciter un jour, d’autres émotions, un partage et former un héritage.

Cette réflexion ne doit pas susciter de grands débats, c’est juste une vision personnelle de cette adaptation naturelle dont fait preuve l’artiste grâce à sa propre forme d’expression, et du message qu’il nous transmet mais nous laisse libre d’interpréter à notre façon.

PATRICK GUELLEC, artiste.
http://Pat29730.free.fr

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par Les Atamanes Posté dans Art actu

3 commentaires sur “Point de vue d’artiste : L’art est-il inscrit dans nos gènes ?

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